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La coopération, un horizon porteur

A l'ère du tout «collaboratif» (2), l'exploration ou la redécouverte du sens du «collaborer» ou du «coopérer» mérite bien un détour.

Coopérer (étym. operare : faire, agir ; co : «ensemble»), c'est agir ensemble, se tenir dans une forme particulière de «dépendance et de solidarité vis-à-vis d'un groupe» et «concourir à une œuvre commune» (Définition du Petit Robert).

Les liens d'interdépendance que nous développons avec les autres nous permettent d'accéder à certaines ressources, «pour maintenir, contrôler et étendre notre zone d'incertitude» (3).

« La coopération ne va pas sans la division du travail. Coopérer, en effet, c'est se partager une tâche commune » Emile Durkheim (1)
cooperation Chacun monnaye dans l'organisation sa capacité à maîtriser ce qui n'est qu'incertitude pour les autres en vue d'obtenir certaines contreparties. Cette coopération n'est accordée qu'en échange de certaines ressources, suivant le jeu du «donnant-donnant».

Une équipe en ce sens se construit en partie sur une «coalition d'intérêts» (4) congruents et interdépendants. En partie seulement, car la magie de la cohésion tient aussi dans la présence de représentations, de valeurs, d'émotions partagées qui donnent à chaque protagoniste le sentiment de vivre une aventure commune.

Dans cette perspective, une personne qui chercherait à maîtriser par exemple la totalité des savoir-faire d'une équipe ou qui exploiterait un savoir-faire reçu d'un autre sans contrepartie mettrait fortement en péril la logique même de la coopération qui repose sur la complémentarité des compétences et la réciprocité des biens échangés.

L'anthropologue Marcel Mauss l'avait déjà décelé en observant le fonctionnement des sociétés dîtes «primitives» : les échanges coopératifs prennent la forme d'échanges de «dons» et de «contre-dons», matériels et symboliques, plus ou moins intéressés, où chacun s'engage, tacitement ou de manière formelle, à respecter le principe de réciprocité, le fameux « donnant-donnant ».

La disponibilité de l'information sur la nature précise des ressources engagées, pour que chacun puisse identifier clairement les compétences en présence, peut ainsi jouer en faveur d'un «travail de coopération» fluide et constructif.

Tristan de Fommervault pour Gymnase du Management



1. De la division du travail social, Puf/Quadrige, 1996, P.96
2. Néologisme qui désigne un modèle d'organisation du travail structuré autour des technologies de l'information
3. P.Romelaer, Atelier 1, Mimeo, CNAM, 1998, P.4
4. Cyert, R., & March, J. (1963). A BehavioralTheory of the Firm. Englewood Cliffs : Prentice Hall.

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