S’inscrire au quart d’heure management gratuit :

"Séparation professionnelle" et "réussite" : un oxymoron ?

L'association des mots « séparation » et « réussite » sonne comme un oxymoron.
Se séparer, n'est-ce pas plutôt échouer ?
D'un côté, échouer à maintenir des emplois ou à rendre possible l'adéquation homme/poste. De l'autre, échouer dans sa mission, dans sa relation avec l'entreprise ou dans son combat.
La fin est vue comme le résultat d'un dysfonctionnement.

Il y aurait beaucoup à dire sur cette vision des choses qui n'est pas universelle et occulte d'autres regards possibles.

Mais il y a aussi à dire sur les façons de se séparer, sur la multitude des pratiques, plus ou moins respectueuses ou plus ou moins « toxiques ».
Peut-on parler de qualité de la séparation ? Qualité qui n'agirait pas sur le fond - la séparation continue d'être - mais sur ses effets.

Quel est l'enjeu ?

Pour l'entreprise, l'intérêt peut être assez clair : maintenir un climat social, conserver une image d'employeur responsable, éviter les tribunaux etc.
Mais pour les individus impliqués, quel intérêt puisqu'ils n'ont a priori plus de liens à préserver ?

En fait, l'enjeu est de taille.

Pour le collaborateur, une séparation « réussie » peut être celle qui ouvrira sur l'après, ne le bloquera pas. Car à l'inverse, le sentiment d'injustice, le manque de considération sont parfois plus difficiles à accepter que la situation elle-même. Ils sont de puissants freins à la projection dans l'avenir et empêchent parfois de s'engager dans un nouveau projet. Lorsqu'ils conduisent à perdre confiance dans l'autre (appelé pour la circonstance « le monde du travail », « le management »), ils produisent un dépit ou une colère qui entachent considérablement l'élan vers l'étape suivante.
Pour ceux qui voient le ou les collègues partir, les signaux d'alerte sont ailleurs. Ils ont leur manager à l'œil : fait-il preuve d'attention, de délicatesse ou se débarrasse-t-il de l'épreuve ? Explique-t-il sans langue de bois ce qui se passe ou fuit-il les questions clés ? Prend-il position ou se cache-t-il derrière les décisions de la direction ? Oui, c'est bien un test auquel le manager est soumis. Test à l'issue duquel il aura rassemblé ou démobilisé.

L'enjeu est donc, pour le manager, celui de son image et de sa future crédibilité au sein de l'équipe.
Mais pas seulement.
Exprimer, partager certaines de ses valeurs humaines et les pratiques qu'elles induisent, jusque dans les situations les plus difficiles, peut être aussi une réussite personnelle.

Valérie Bergère pour Gymnase du Management

découvrez aussi...

 

Répondre à une demande d’augmentation "non méritée"

Comment faire comprendre à un collaborateur qu'il ne "mérite" pas d'augmentation de salaire ? En évitant justement le terrain glissant du mérite. Alors à quoi se raccrocher ?

 

"Mon agenda est plein à craquer !"

Avoir le temps ou prendre le temps ?
Stephen R. Covey et l'illustration des grosses pierres
Exercice : 9 questions aidantes pour organiser son temps

 

Pour une paix durable

En 1954, « Ouragan sur le Caine » met en scène deux officiers de marine pendant la guerre du Pacifique : le second estime que son capitaine devient fou et prend le commandement du navire. Dans le huis clos du bateau, pas d’autorité supérieure pour stopper l’affrontement entre les deux officiers.

Haut de page