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Suractivité : la fin d’une illusion ?

Nous nous pensions jusqu'à présent multi-tâches, capables de mener de front moult activités ? Nous espérions de nos collaborateurs, collègues, chefs, même déjà occupés, qu'ils nous répondent sur-le-champ ou qu'ils passent d'un objectif à l'autre sans perdre en qualité de réalisation ? Si oui, alors voici venue la fin de cette douce illusion !

De nombreuses études mettent à mal le mythe d'une suractivité efficace.

On sait par exemple, depuis peu, que nous fonctionnons de façon séquentielle : d'abord une tâche, puis une autre. Les neurologues Étienne Koechlin et Sylvain Charron, du Laboratoire de neurosciences cognitives de l'Inserm (*1) ont montré dans une étude parue en 2010 que si le cerveau mobilise ses deux hémisphères pour mener une seule tâche, il doit en revanche répartir le travail entre ceux-ci lorsqu'une nouvelle tâche apparait (chacun des hémisphères ne traitant qu'une tâche à la fois, jamais les deux en même temps). Il y a alors réallocation des ressources dans l'espace cérébral (non pas double ressource mais ressource « dispachée ») !
De même, le cerveau ne sait poursuivre que deux buts simultanément. Seulement deux. Au-delà, le but supplémentaire échappe à son contrôle.


On sait aussi - depuis un plus longtemps - que démarrer une tâche sans la mener à son terme nous expose à l'effet Zeigarnik !

Du nom de la psychologue qui l'a observé, Bluma Zeigarnik, il désigne la tendance à rester préoccupé par une tâche tant que celle-ci n'est pas terminée. Comme si nous demeurions en alerte face au non-abouti !
Notre cerveau s'attacherait à garder en mémoire l'information incomplète, créant alors un état de tension intérieure qui disparait lorsque la tâche est bouclée.

Ainsi, optimiser notre efficacité - et celle des autres - grâce à une meilleure utilisation du temps passerait par la connaissance et la reconnaissance de notre principal outil de travail...nous-même ! En forcer l'emploi serait contre-productif.

Mais une question subsiste : pourquoi continuons-nous, souvent, de l'ignorer ? Difficulté à accepter ce qui limite notre « puissance » et celles de ceux dont nous attendons des prouesses ?

Pourtant,c'est aussi lorsque l'outil est bien employé qu'il tient pleinement sa fonction.

Valérie Bergère pour Gymnase du Management

(*) http://www.inserm.fr/espace-journalistes/un-but-ca-va-trois-buts-c-est-plus-delicat
« La connaissance est en elle-même puissance.» Francis Bacon

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